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Nos arbitres jouent-ils selon un autre livre des règles ?

  • Photo du rédacteur: gauthier
    gauthier
  • 17 févr. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 févr. 2025

Lors de la dernière Coupe du Monde en salle à Poreč, en Croatie, nos joueurs et joueuses ont parfois été surpris par les coups de sifflet ou plutôt l’absence de coups de sifflet. Entre balles montantes tolérées et cartons non distribués, certaines décisions arbitrales ont laissé perplexes les Belges. Fred Deneumostier, Umpire Manager du tournoi et figure bien connue de l'arbitrage belge, nous décrypte ces divergences. Mais au final, doit-on siffler plus ou moins fort ?



La Belgique suit à la lettre les règles de la FIH, mais parfois avec une interprétation plus stricte. Un exemple frappant : chez nous, une deuxième carte verte signifie automatiquement une jaune, et deux jaunes mènent à une rouge. Or, au niveau international, un joueur peut recevoir deux vertes sans forcément être sanctionné d'une jaune. Une tolérance qui a surpris les Red Lions et Red Panthers lors du tournoi.


Un arbitrage "Made in Belgium" plus strict

Autre différence notable : les balles montantes. En Belgique, les arbitres sont intransigeants, surtout chez les dames. Une balle qui décolle, même légèrement, est souvent sanctionnée. Mais à Poreč, Fred Deneumostier a constaté des balles montant jusqu'au mollet sans être sifflées, tant que le joueur concerné était seul et n'en tirait aucun avantage. Une clémence qui a également marqué les finales du championnat belge messieurs, arbitrées avec une approche plus internationale.


Forcing ou pas forcing ?

Le "forcing", faute bien connue en indoor, est une autre zone d'ombre. Cette règle interdit d'envoyer la balle dans le stick d'un adversaire à moins de trois mètres. Pourtant, certains cas litigieux n'ont pas été sifflés à Porec, ce qui a laissé les Belges perplexes. Selon Fred Deneumostier, ces phases étaient bien jugées et conformes aux consignes de la FIH. Plus surprenant encore : chaque forcing ne devait pas nécessairement être sanctionné par une carte, contrairement à la pratique belge plus rigoureuse.


Mais attention, certaines règles évoluent et s'harmonisent à l'international. Désormais, le forcing sera sifflé même au-delà de trois mètres, comme c'est déjà le cas aux Pays-Bas. Autre nouveauté majeure : sur penalty corner, tous les joueurs devront garder leur masque jusqu'à ce que la balle sorte du cercle. Fini le retrait anticipé !


Une uniformisation indispensable ?

Ces différences d'interprétation soulèvent une question cruciale : doit-on harmoniser l'arbitrage belge avec les standards internationaux ? Il n'est pas pensable que nos joueurs soient déstabilisés lors des compétitions européennes et mondiales. Deneumostier travaille déjà sur cette uniformisation, mais les habitudes belges ont la vie dure.


Nos joueurs et joueuses doivent-ils être préparés aux compétitions internationales en s’alignant sur la manière dont la FIH applique ses règles, ou faut-il maintenir une approche nationale spécifique ? L’enjeu est de savoir si la meilleure préparation passe par une stricte application des règles que nous estimons justes au niveau national, ou si elle nécessite une adaptation aux standards internationaux afin de faciliter leur évolution sur la scène mondiale. La question reste ouverte : doit-on privilégier la cohérence locale ou la compétitivité internationale ?


Fred Deneumostier souligne que la discussion est en cours au sein des instances belges. L'idée serait de maintenir une cohérence entre les matchs locaux et internationaux pour éviter les surprises. À terme, un compromis devra être trouvé afin d'assurer une meilleure transition pour les joueurs qui passent du championnat belge aux grandes compétitions mondiales.


L'arbitrage, un enjeu aussi pour nos succès à l’étranger

Le hockey belge a fait d'énormes progrès, tant en termes de formation que de performance. Mais pour que nos équipes brillent à l'étranger, encore faut-il qu'elles sachent à quoi s'attendre sur le terrain. Un travail sur la pédagogie de l'arbitrage est certainement nécessaire : à la fois pour les joueurs, les coachs, et même pour le public.


Le moteur de notre sport, au-delà du plaisir qu’il procure, réside dans les succès que nous remportons sur la scène internationale. Chaque Coupe du Monde, chaque tournoi disputé par nos Red Lions et Red Panthers, chaque compétition européenne où brillent nos clubs du top, nourrit les rêves des jeunes générations et façonne nos futures stars.


Dès lors, ne devons-nous pas tout mettre en œuvre pour que nos joueurs et joueuses soient prêts à affronter ces défis ? Cela mérite sans doute un peu de lobbying, en interne… comme en externe.

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